L'Or Noir d'Annaud

Publié le par Bafouille

Or-noir

Le dernier film de Jean-Jacques Annaud sort sur les écrans aujourd'hui.

Pour la sortie de son film, Or Noir, le réalisateur français répond volontiers aux questions et revient sur le tournage de son film. Pas à pas.

 

Tapis rouge. Fauteuils pourpres et confortables. Le grand écran de la salle 12 du Gaumont Multiplexe à l'Odysséum trône sur le devant de la scène. Avant première. Les éclairages disposées en étoiles sur les murs et le plafond incitent le public à rêver. Quand les lumières s'éteignent, les chuchotements cessent et commence alors un voyage sans trêve vers l'Arabie des années 30. Voulant son film épique, Jean-Jacques Annaud place sa tragédie dans cette région du monde qu'il n'avait pas encore exploité et qui d'ailleurs n'avait pas encore été montrée au grand public depuis Lawrence d'Arabie, de David Lean, en 1963. Les personnages évoluent dans des paysages splendides jamais filmés auparavant et des décors entièrement reconstitués, pour les villes, dans les Studios du producteur et cinéaste Tarek Ben Ammar. Or Noir raconte les conflits entre deux chefs de village. En guise de traité de paix, le Roi Amar (Mark Strong) offre ses deux fils Auda (Tahar Rahim) et Saleeh (Akin Gazi) au Roi Nessib (Antonio Banderas), son ennemi juré. L'enjeu ? Le corridor jaune, parcelle de territoire désertique alors devenue neutre. Mais voilà qu'un jour des texans débarquent dans ce Qatar oublié du monde, et exploitent le pétrole déniché sous le corridor jaune, sous le regard intéressé du Roi Nessib. Le pacte est brisé et commence alors l'épopée d'Auda pour sauver la paix, l'honneur de son père et le respect des siens. 

 

Un casting haut en couleur

Avec un budget de tournage de 40 million d'euros, Or Noir rejoint la tête des films les plus chers du réalisateur français. Ainsi, suivant Sept ans au Tibet, il arrive en cinquième position. « Et encore, se justifie Jean-Jacques Annaud, une production américaine digne d'Hollywood en vaut au moins le double ! » Et pourtant, le réalisateur aux cheveux blancs hirsutes ne s'est pas entouré des plus petits... Le casting reste oriental. Tahar Rahim, remarqué dans Le Prophète joue l'acteur principal. Freida Pinto, dans la peau de la princesse Lallah, fille du Roi Nessib, est une femme « très intelligente, cultivée et magnifique », ce qui ne gâche en rien le charme de la jeune actrice indienne. Le film met en scène Antonio Banderas, qui sous ses airs hispaniques se cache peut être une origine arabe. « Antonio en est persuadé ! lance le réalisateur, il rêvait même en secret de pouvoir jouer un jour un tel rôle ! » La surprise du casting, c'est Mark Strong, qui joue le rôle du deuxième roi, Amar. Le britannique se retrouve dans un chèche vert qui lui va à merveille. On le reconnaît à peine. « Je l'avais vu dans la peau d'un prince arabe il y a des années. Je l'avais trouvé remarquable, intime Jean-Jacques Annaud, et je ne l'avais pas reconnu ! » Après son succès dans la saga des Ocean's et Sherlock Holmes, l'acteur anglais a « fait honneur » au réalisateur français en acceptant son scénario. Mais si le casting se veut oriental, c'est surtout parce que plus de 4000 figurants ont participé au tournage et que les « petits rôles » sont joués par des acteurs orientaux. Certains sont même très connus dans leur pays respectif. Annaud explique que c'est un peu comme « donner un rôle de figurant à Gérard Depardieu ou Brad Pitt ». Quitte à s'entourer des plus grands, Jean-Jacques Annaud ne fait pas les choses à moitié. La bande originale est enregistrée dans les Studios d'Abbey Road à Londres, en compagnie du London Synphony Orchestra et de James Horner. Le compositeur de musique de film comme Avatar, Titanic, et Braveheart, est incontestablement le plus célèbre. Après sa participation dans Le Nom de la Rose et Stalingrad, « James Horner devient un ami ». Mais il est toujours difficile pour le réalisateur d'abandonner son « bébé » aux mains d'un compositeur et d'attendre de voir ce que la musique va apporter au film, encore nu.

 

Une épopée qui plait

L'affiche donne déjà envie d'aller voir le film. Les couleurs chaudes et le titre sec, comme aime le réalisateur, plaisent et « donnent du suspens », sourit Mathilde, 22 ans. Dans la lignée des films signés Jean-Jacques Annaud, Or Noir se veut épique, comme si l'histoire sortait d'un livre de contes, « comme on en fait quasiment plus aujourd'hui », confie Annaud qui avoue ne pas vouloir faire de films engagés et polémiques. « Raconter une histoire avant tout », et c'est ce qui plaît à la foule musulmane lors de la sortie du film en Tunisie. Le réalisateur respecte la culture et la religion, suit « l'esprit Mille et une nuit » et distribue plus de 65 000 salaires sur place. De quoi combler les tunisiens.

« On voit Jean-Jacques Annaud environ tous les trois ans à Montpellier, conclut le directeur du Gaumont Multiplexe, à chaque fois pour un nouveau film ! » Si, on l'a remarqué, Jean-Jacques Annaud aime faire voyager son public dans des pays peu connus des salles obscures, ce dernier sera ravi d'apprendre que son prochain film « sera tourné en Mongolie » !

Rétrospective : Films clés d'Annaud * : 

La Victoire en chantant, 1976. Oscar du meilleur film étranger en 1977

La Guerre du Feu, 1981. César du meilleur film et du meilleur réalisateur en 1982

Le Nom de la Rose, 1986, avec Sean Connery. César du Meilleur film étranger en 1987

L'Ours, 1988. César du meilleur réalisateur en 1989

L'Amant, 1991. César du meilleur film et du meilleur metteur en scène en 1992

Les Ailes du courage, 1994

Sept ans au Tibet, 1997, avec Brad Pitt et David Thewlis. Grand prix du Cinéma, Prix des cinémas d'art et d'essai en 1997

Stalingrad, 2001, avec Jude Law.

Deux Frères, 2004, avec Guy Pearce et Freddie Highmore

Sa Majesté Minor, 2007

*Sources : Site officiel de Jean-Jacques Annaud


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P
<br /> j'ai aimé ce film surtout les scènes dans le désert<br />
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