Une crise Pandémique

Publié le par Bafouille

L’Euro est au bord du gouffre, les pays, surendettés, sont presque en faillite, les gouvernements chutent les uns après les autres, les peuples descendent dans les rues... L’austérité est le maître mot des politiques. La crise est dans la bouche de tout le monde. Elle fait peur, elle devient incontrôlable. Elle en devient presque contagieuse...The Great Recession. En référence à la Grande Dépression de 1929, le monde anglophone n’hésite pas à surnommer la crise financière actuelle la Grande Récession. En décembre 2007, les États Unis sont les premiers à entrer officiellement en crise, suite à  une période de crédits facilement accordés, sans forcément de garantie de remboursement. En conséquence du krach boursier de l’ automne 2008, la plupart des pays industrialisés du monde plongent eux aussi. Dans un contexte économique instable, la France entre en crise en 2009, avec l’ensemble des pays de la Zone Euro. Cette crise financière serait la pire que l’Histoire ait connu depuis celle de 1929....

Caractérisée par une forte hausse des prix du pétrole et des produits agricoles, une baisse des actions, et du prix des maisons qui font que les banques américaines, notamment,  perdent beaucoup d’argent ; la crise mondiale gagne du terrain... Malgré les aides massives accordées par les États pour éviter la faillite, on assiste à un ralentissement du commerce international et à une forte hausse du chômage dans le monde.

En 2009, la plupart des pays optent pour des politiques de relance mais le chômage persiste est des risque d’éclatement de nouvelles bulles financières sont à craindre. En 2010, le FMI, Fond Monétaire International qui surveille de près la crise et les décisions des différents pays face à cette situation, observe une légère hausse du PIB dans plusieurs États et croit à l’approche de la fin de la crise. 

Mais c’est à s’y méprendre. La Grèce, comme la plupart des pays, est fortement endettée. Un an après le début de cette crise grecque, la zone Euro se retrouve au

bord du gouffre. Ni les 110 milliards d’euros promis par l’ Union Européenne et le FMI, ni le plan de rigueur annoncé par Georges Papandréou, n’ont amélioré la situation financière de la Grèce. Les marchés et les agences de notation ont même, quant à eux, redoublé leur pression. 

La crise de la dette agit comme un rouleau compresseur en Europe et fait tomber un à un les gouvernements qui doivent résister,  entre la forte pression des marchés financiers et l’impopularité de leur plan de rigueur.

Une crise de gouvernance

Depuis le début de l’année 2011, dix gouvernements ont déjà chuté. 

En Février, le premier ministre irlandais Brain Cowen voit l’ échec de son parti de centre droit Fianna Fail, qui dominait pourtant la vie politique irlandaise depuis 80 ans, évènement qui fait de lui la première victime de la crise de la dette au niveau des gouvernements. 

 

 

La contagion de la crise continue...

 

Le gouvernement slovaque de centre droit, aussi, d’Iveta Radiocova, tombe en mars 2011 et la chef du gouvernement annonce des élections anticipées en mars 2012. 

En même temps au Portugal, José Socrates démissionne suite au rejet de son quatrième plan d’austérité et laisse place à un gouvernement de droite. 

Le premier ministre finlandais Matti Vanhanen démissionne à son tour en Juin pour laisser le gouvernement entre les mains de la nouvelles élue, Mari Kiviniemi, seconde femme à la tête du pouvoir en Finlande. 

Mais la contagion continue. Le 14 Septembre 2011, le Danemark voit M. Rasmussen démissionner et se faire remplacer par la représentante de l’opposition de gauche, Helle Thorning Schmidt. C’est la première fois que les dannois se voient gouvernés par une femme.

La démission de la chef du gouvernement slovène en Octobre place la Slovénie au rang du sixième pays voyant son gouvernement tomber à cause de la crise. En Novembre 2011, Georges Papandréou, sous la pression des marchés et de la rue, laisse place à un gouvernement « d’union nationale » mené par un ancien vice président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Lukas Papadémos. C’est le premier financier à arriver au pouvoir en échappant au suffrage universel... Peu après le cas de la Grèce, l’Italie voit son premier ministre démissionner. Silvio Berlusconi surprend l’opinion. Il Cavaliere, connu pour ses déboires avec la justice, s’accrochait jusque là au pouvoir avec hargne. Devant la pression des marchés et l’abandon de ses alliés à voter pour lui, il préfère quitter le pouvoir. Mario Monti, ex commissaire européen, atterrit alors à la tête du pays. Ce dernier a d’ailleurs annoncer lundi, hier, différentes mesures pour faire face à la crise dont les maître mots seront « rigueur, croissance et équité ». 

Avec 21,5 % de chômeurs, l’Espagne voit aussi son gouvernement tomber en ce mois de Novembre meurtrier. José Luis Rodriguez Zapatero a décidé d’avancer les élections législatives et c’est le Partido Popular (PP), l’opposition, représenté par Mariano Rajoy qui les remporte haut la main. Ainsi, le parti socialiste espagnol n’aura jamais connu de défaite aussi écrasante que celle du mois de Novembre 2011. Une victoire brutale et sans appel pour la droite qui prévoit déjà de demander aux espagnols, victimes des bulles immobilières, des crédits bancaires et de la crise, de se serrer encore un peu la ceinture.

 

 

 

 

 

 

Si dix gouvernements sont tombés face à la crise européenne de la dette, d’autres pays comme la France ou les Pays Bas voient leur gouvernement confronté à une défiance de l’opinion publique et annoncent des lendemains électoraux difficiles...

 

Une légitimité contestée

Mario Monti en Italie et Papadémos en Grèce, ont tous les deux échappé au suffrage universel lors de leur accession au pouvoir. Ces deux économistes ayant eu des responsabilités à la BCE et dans la banque américaine Goldman Sachs, tout comme Mario Draghi, actuel président de la BCE, se sont vus attribuer la tête d’un état sans faire appel aux électeurs. 

Les trois économistes vont sans aucun doute jouer un rôle dans la gestion de cette crise européenne, mais jusqu’à quel prix ? Va-t-on attribuer les rennes de chaque pays à des économistes sans faire voter le peuple ? Vera-t-on un jour Jean Claude Trichet en haut de la pyramide française ?

Dans ce contexte de crise et d’instabilité politique et financière, certains se rebellent, en masse ou par petits groupuscules comme en France. Partout dans le monde, les Indignés réclament une gestion du peuple par le peuple. Au beau milieu d’une crise économique, politique, mondiale, certains lèvent le poing et crient leur rage. Voulant se battre contre l’injustice, le monde entendra-t-il leur combat ? Auront-ils raison du système politique, social et économique actuel ? 

Avec l’avenir incertain que l’on accorde à l’Euro, les gouvernements semblent enfin avoir pris conscience de la gravité de cette crise... Nous verrons bien s’ils arrivent à se mettre d’accord avant que la pandémie continue de progresser et que d’autres gouvernements tombent sous le poids des marchés...

Agathe Vivès

Article écrit pour le cours de géopolitique, HEJ, Montpellier.

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